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Acid Washed
Modzik






Photo : Marcos Dos Santos



"House of Melancholy", sortie le 3 juin en France, et le 1er juillet dans le reste du monde
Disponible sur iTunes ICI




Le saviez-vous ? Le Voguing, popularisé en son temps par Malcolm McLaren ou Madonna, doit un peu de son destin à la France : dès la fin des années 80, ce mouvement underground né dans salles de bal de Harlem fascinait les tout premiers missionnaires de la house à la française, qu’ils soient DJs, journalistes ou organisateurs de soirées. Bien sûr, aux yeux du monde, les merveilleuses Queens de la scène ont surtout percé via les clips sur MTV; mais nulle part ailleurs qu’à Paris a-t-on pris autant au sérieux cette exultation de la contre-culture gay et multiculturelle new-yorkaise, nulle part ailleurs le Voguing n’a autant fasciné les apprentis producteurs et infusé les pavés. Il n’est pas anodin qu’Acid Washed, duo enfant de la deuxième vague de la house de France, reviennent aujourd’hui avec “House of Melancholy” à ce concentré de tout ce que la house music contient, on ne le répétera jamais assez, de politique et de social, utopique, subversif.

Car la club culture avec un grand C, ses héros et ses histoires secrètes, Andrew Claristidge et Richard d’Alpert y ont trouvé la glaise, les idées et l’horizon d’à peu près tout ce qu’ils voulaient mettre dans Acid Washed. Deux passionnés de house et de techno “par le haut”, autant élevés par les dérives nocturnes que par l’histoire et les encyclopédies, les deux musiciens ont surtout perçu la nation house comme un havre, une maison où habiter, échanger, apprendre, enseigner. L’un élevé près du berceau de la techno française (Grenoble), l’autre formé à la musique classique, à la new-wave et au punk, Andrew et Richard se sont certes retrouvés autour d’un substrat nommé Daft Punk, mais surtout, en différé, autour de ce monstre tentaculaire né en même temps à Chicago, Detroit et Manchester, qui les avait fait naître. Envisagé comme un retour aux origines de la house et de la techno après le déballage euphorique d’un premier album big-bang, “House of Melancholy” propose pourtant un cocktail synthétique hautement idiosyncrasique : un retour aux origines de leur house et de leur techno. Ainsi ceux qui ne verraient en Acid Washed qu’un duo d’habiles manipulateurs de références et synthétiseurs vintage en auront pour leurs frais. On ne dansera ni rêvera sur les chansons de “House of Melancholy” comme sur un aucun autre disque, toujours plus high et toujours plus fort, mais un peu plus intensément aussi, en serrant peut-être un peu plus souvent la main de son voisin.

Enregistré après deux tours du monde, “House of Melancholy” est la bande originale des vies de Claristidge et d’Alpert après le grand saut dans le vide. Comme le dit Richard, “Ma mélancolie, elle prend toujours l'avion avec moi...” : et c’est tout le paradoxe émotionnel de la musique électronique comme elle vibre dans les cœurs (techno de Detroit ou garage de Chicago) qui semble enfin percé à jour. C’est donc l’histoire d’un duo qui s’est de plus en plus, de mieux en mieux trouvé en vivant sa propre vie. Comme une évidence, “House of Melancholy” fait ainsi la part belle aux émotions fortes et aux mélodies. Sans jamais aller jusqu’aux mirages de l’électropop, le duo met encore un peu plus de vraie, grosse pop music, de variet’ italienne 70s, de musiques de film de Morricone ou Philip Glass, d’electronica très pure dans sa dance music. Surtout, Andrew et Richard se sont beaucoup entourés d’amis pour mieux célébrer : le surdoué Joakim à la production, le stentor Yan Wagner, la trop rare Miss Kittin, le trop “swag” Ahmad Larnes derrière les micros, les camarades de bidouille Hypnolove, Turzi, "Plastique de Rêve" ou La Mverte derrière les claviers et condensateurs... On le répète, “House of Melancholy” est une histoire humaine plus qu’une histoire de calculs, de chic ou de références. Les amonts et les modèles sont là en légion, mais dilués dans le mouvement et les émotions, bien moins importants que la beauté immédiate des synthés, des arpèges purs lovés contre les beats organiques qui battent la cadence comme on respire. “House of Melancholy” est une fête, un hymne à la musique qui unit les corps et les coeurs. Vous avez déjà lu ça quelque part ? La dance music est éternelle. Acid Washed vous accueillent à la fête, Acid Washed vous accueillent à la maison.


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Premier single de cet album, "Fire N' Rain", featuring Blaq Shampu, avec des remixes signés Kaytranada, Scratch Massive, STUFF, Theatre of Delays, The KDMS, RadioMentale & Laure Milena :






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