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Turzi
Turzi dans NME
26 septembre 22hPARIS FRANCE
Festival Spectaculaire
11 novembre 22hPARIS FRANCE
Nouveau Casino
TURZI | Made Under Authority EP (CD)
7.00 €
TURZI | Baltimore (VINYL)
8.00 €
TURZI | T-SHIRT
20.00 €
TURZI | A + B (2xDIGIPACK)
20.00 €
TURZI | A + B (2x2LP)
30.00 €
TURZI | B (DIGIPACK)
12.50 €
En 2005 déjà, avec son mini-album « Made Under Authority », le rock « disciplinaire » de Turzi avait contribué à nous rabibocher avec le rock à la française. « Ecouter du rock français, c’est un peu comme boire du vin anglais », avait en son temps glissé un John Lennon perfide. Derrière Turzi, c’est Romain Turzi, jeune Versaillais au verbe tranché, qui dirige un groupe d’ « exécutants », Reich IV, en hommage au maître du minimalisme teuton (la référence a davantage à voir avec une esthétique post-bressonienne qu’avec les joies de la coercition). Ce premier album, « A » (Record Makers), est très marqué par une fascination gloutonne pour les années 70, en plein revival krautrock, ce courant allemand du début des années 70 traversé par les expérimentations de tous ordres, entre autres musicales : machines désirantes de Kraftwerk, tentatives de musique répétitive de Can (reliquat pop des essais de Stockhausen), ou rock déglingué de Neu !. On décèle certes dans « A » tout un tas de réminiscences de cet « art rock » allemand, dans les rythmiques roides, les envolées instrumentales et ce chant volontiers atone, mais les références sont aussi à trouver de ce côté du Rhin : François de Roubaix, Michel Magne et surtout Michel Colombier (L’Alpagueur), pas moins. L’univers dévidé dans « A » évoque ces musiques de films un peu oubliées, sophistiquées et génialement vintage, auxquelles toute une scène rock et electro érudite se frotte aujourd’hui.


Au fond, l’essentiel est de relever la singularité de Turzi dans le paysage musical hexagonal. « A », présenté ce soir à la Boule Noire, régénère le rock à grands coups d’esthétique et de concept, avec sa musique aérienne et martiale, comme un rock électronique archaïque sur-référencé et inédit qui abolirait les chapelles du « bon » goût et les catégories. Romain Turzi est aussi maître d’œuvre de Pan European Recording, tout nouveau label dont le but est de fédérer la crème du rock néo-psychédélique français, en plein boum ces temps-ci.


Interview

Tu viens de finir l'enregistrement de B., d'où est venu ton inspiration pour ce disque?

B a été fait dans l’urgence et dans l’immédiateté, une bonne partie du disque a été enregistré dans une villa du sud de la corse ou nous vivions en autarcie totale pendant deux semaines.


Est-ce qu'il y a des morceaux pour lesquels tu es très fier ou excité?

Chaques morceau est différents, comme dans A ils sont d’inspirations et de directions différentes tout comme ma culture et mon érudition musicale. Je n’aime pas m’arrêter à un style je n’aime ni les étiquettes ni les genres. Ma crainte est de voir ma musique cloisonnée dans une catégorie.
Mon travail est ouvert et ma recherche n’en est qu’à son début.

Quelle serait la différente avec l'album A? Une inspiration des pays de l'est?

L’utilisation du bouzouki, du cithare, du cymballum, du violon, des guitares Folks et classiques des clochettes voir de la tampura contribue effectivement à donner une couleur un peu différente de A.
B est à la fois plus acoustique et donc plus chaleureux et intimiste mais aussi plus heavy, moins retenue que sur A/.

Le fait de tourner avec Danava aux Etats-Unis a durci un peu nos morceaux, aujourd’hui nous aimons jouer plus rapidement et surtout plus fort ! J’assume tout a fait l’aspect stoner, Heavy qu’a pris l’album lors de son enregistrement.
Je suis évidemment très sensible au Sabbath, au Purple, au Zeppelin, au Flower Travelling Band et cet aspect de notre culture musicale ne s’était pas suffisamment ressenti dans A.

Parle moi un peu du Pan European Recording? Comment est-ce qu'il progresse.

Les production des Pan European Recording, label dont je suis à l’origine avec Arthur Peschaud (le bassiste) sont très bien accueillies tant par la presse que par le public. Nous en sommes très fier car l’idée était de montrer que ce qu’il y avait en marge de la scène française avait un intérêt réel. Ces projets (One Switch to collision, Aqua Nebula Oscillator, Kill for Total Peace, Koudlam) sont différents des uns des autres mais une réelle unité les lient et c’est cette unité diversifiée qui fait notre force.
Si aujourd’hui il est parfois hasardeux de se lancer dans la production et l’édition de disque c’est en maintenant une ligne directrice forte qu’on parvient à exister donc à résister.

Tu as commencé à jouer des concerts solo? Comment est-ce que ça s'est passé?

Je joue en solo là où les salles ne peuvent accueillir le groupe au complet. J’ai longtemps essayé de nous faire jouer devant un public Rave, Club, Techno mais il semble que ces gens ne soient pas suffisamment sensibles au fait qu’un batteur cogne ses futs devant leurs yeux avec des guitares folles tout autours.
Or je considère que ma musique a sa place dans ces contrées si fermées et jouer seul me contraint à n’utiliser que des machines électroniques qui sont à l’origine de la techno. Donc forcement ça sonne un peu Ambient, Minimal, Goa, …Acid Mais je suis persuadé que mon approche et mon bagage si éloigné de la techno redonne une pointe d’excentricité et de nouveauté dans le genre. Les maîtres mots sont : immédiateté et spontanéité. Mon plaisir étant d’aborder ces concerts d’une manière totalement différente à chaque fois dans la mesure où ces performances sont totalement improvisées j’ai la sensation d’être honnête envers mes auditeurs.
Même si c’est un peu comme si je me mettait en danger à chaque fois, je trouve cela plus franc vis à vis du public, il n’y a ni laptop ni midi donc pas de tromperie, tout est là, devant eux.

Est-ce que la musique que tu fais en solo ressemble à ce que tu as fait sur B?

Comme sur A mon travail en “solitaire” complète celui que je fais avec le groupe. Sur A, Amadeus, Acid taste, A notre père et A ont étés joués et enregistrés seul, sur B, une part de l’album le sera car je ne veux pas que la perception de ma musique s’arrête à ce que nous jouons tous ensemble donc forcement des trucs plus “rock”.

Tu es en tournée avec Simian Mobile Disco en Angleterre? Comment cela s'est passé? As tu quelques anecdotes?

La tournée était très éprouvante sous tous les aspects mais nous avons gagné en efficacité et nous avons prouvé qu’en toutes circonstances nous pouvons jouer notre musique. Leur musique est proche de la notre car ils jouent une musique basée sur un system ouvert et modulable selon l’humeur, le lieux, le public.
3 semaines d’anecdotes serait trop long mais les maîtres mots restent : la route, les kilomètres, les Voyages, la Ale, les drogues, les kit kat chunky au beurre de cacahuète, l’attente puis le speed. Tout ça est si banal.

Est-ce que tu as un message pour ceux qui ne sont pas initiés à l'univers de Turzi?

-Warning, only listen to that record once a day or brain might be destroyed.
-Voyage, transcendance,
-La musique doit faire ressortir de toi ce que tu as de plus bon, ou de plus mauvais.

Quel est ton film favori?

“Et la tendresse bordel” : comédie burlesque française du debut des année 80


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